Garanties
28/1/26

Fiducie : définition, avantages et inconvénients pour le monde des affaires

Découvrez la fiducie en droit français, ses avantages et inconvénients pour le monde des affaires, son coût, ses usages (fiducie-sûreté, fiducie de gestion, fiducie « familiale »), illustrés par des exemples concrets et des conseils pratiques pour les dirigeants.

La fiducie est un outil encore sous-utilisé par les entrepreneurs alors qu’elle peut offrir une sécurité juridique et financière très puissante lorsqu’elle est bien structurée. Elle présente toutefois des limites, des coûts et des risques à parfaitement maîtriser avant de se lancer.

I. Fiducie : définition et grands principes en droit français

1. Qu’est-ce qu’une fiducie ? (Fiducie : définition, fiducie synonyme)

En droit français, la fiducie est définie par l’article 2011 du Code civil comme l’opération par laquelle un constituant transfère des biens, droits ou sûretés à un fiduciaire, qui les tient séparés de son patrimoine propre et agit dans un but déterminé au profit d’un ou plusieurs bénéficiaires

Concrètement, vous « sortez » certains actifs de votre patrimoine ou de celui de votre société pour les placer dans un patrimoine distinct, géré par un fiduciaire, pendant une durée déterminée, en vue d’un objectif précis (garantie, gestion, transmission, restructuration, etc.).

En pratique, les synonymes proches sont : « transfert fiduciaire de propriété », « propriété-sûreté » ou, par analogie avec les pays de common law, le trust, même si la fiducie française obéit à un régime spécifique.​

2. Les trois acteurs de la fiducie et le rôle du fiduciaire

Une fiducie implique toujours au moins trois personnes juridiques :

  • Le constituant : celui qui transfère les biens (ex. : votre société qui apporte un immeuble ou des créances à la fiducie).
  • Le fiduciaire : celui qui reçoit ces biens et les gère dans le cadre de la mission convenue.
  • Le bénéficiaire : celui qui profite de l’opération (par exemple la banque créancière, un investisseur, voire le constituant lui‑même dans certains schémas).

Le rôle du fiduciaire est central : il devient propriétaire des biens transférés, mais uniquement dans le cadre du but fixé par le contrat de fiducie et dans l’intérêt du ou des bénéficiaires. Ses missions typiques :

  • administrer les actifs (percevoir loyers, encaisser créances, gérer un portefeuille),
  • veiller au respect des conditions de la fiducie (ratio de couverture, information du constituant, etc.),
  • réaliser ou attribuer les actifs en cas de défaillance, notamment dans une fiducie‑sûreté.

En France, seuls certains professionnels (établissements de crédit, entreprises d’investissement, compagnies d’assurance, etc.) peuvent être fiduciaires, même si certains régimes particuliers admettent l’avocat comme fiduciaire, sous conditions strictes.

II. Quels sont les grands types de fiducie en pratique ?

1. Fiducie-gestion et fiducie-sûreté

On distingue classiquement deux usages principaux en droit français :

  • La fiducie-gestion : elle sert à gérer un patrimoine ou un ensemble d’actifs (immeubles, titres, créances) dans un objectif déterminé (préparation d’une cession, protection d’actifs, organisation de la gouvernance, etc.).
  • La fiducie-sûreté : elle sert de garantie. Vous transférez la propriété d’un actif au fiduciaire pour garantir une dette. Si vous payez, l’actif vous est restitué ; si vous faites défaut, il est attribué au créancier ou réalisé pour le rembourser.

Pour le monde des affaires, la fiducie‑sûreté est devenue un outil majeur de financement, notamment dans les opérations de restructuration et de refinancement bancaire.

2. Fiducie et « fiducie familiale » : de quoi parle-t-on ?

En France, la fiducie dite « familiale » est une expression de pratique plutôt qu’une catégorie légale autonome. Elle vise les montages où la fiducie est utilisée pour :

  • organiser la détention d’actions familiales,
  • accompagner la transmission d’entreprise,
  • protéger certains héritiers ou conjoints,
  • isoler des actifs de conflits successoraux.​

La fiducie libéralité est toutefois strictement encadrée et les montages de type « fiducie familiale » doivent respecter l’interdiction de la fiducie utilisée comme simple libéralité déguisée. C’est un domaine où les désavantages potentiels (contentieux familiaux, remise en cause fiscale, nullité) sont importants, ce qui justifie un accompagnement approfondi.​

III. Intérêt de la fiducie pour les entrepreneurs et dirigeants

1. Quel est l’intérêt de la fiducie pour le monde des affaires ?

Les principaux avantages de la fiducie pour les entreprises sont les suivants :

  • Sécurité des créanciers : les actifs transférés en fiducie sont affectés à une dette ou à un objectif déterminé et sont, en principe, protégés des autres créanciers du constituant.
  • Outil puissant de restructuration : la fiducie‑sûreté est très utilisée en restructuration de dettes pour sécuriser les prêteurs et faciliter des plans de continuation.
  • Souplesse contractuelle : le contrat de fiducie peut être très finement paramétré (durée, pouvoirs du fiduciaire, conditions de réalisation ou restitution, reporting, etc.).
  • Séparation patrimoniale : les biens fiduciaires sont logés dans un patrimoine distinct, ce qui permet de dédier certains actifs à un projet ou à une dette sans les sortir définitivement du giron économique du groupe.

Pour un dirigeant, la fiducie peut ainsi devenir un véritable « outil de stratégie patrimoniale et financière » : affecter un immeuble de bureau en garantie d’un refinancement, sécuriser un pool bancaire, organiser la reprise d’une filiale en difficulté, etc.

2. Exemples concrets d’usage de la fiducie en entreprise

Exemple 1 – Refinancement d’un actif immobilier

  • Une société exploite un immeuble de bureaux. Elle sollicite un refinancement auprès d’un pool bancaire.
  • Elle transfère l’immeuble dans un patrimoine fiduciaire géré par un établissement financier fiduciaire, au bénéfice des banques prêteuses.
  • Tant que les échéances sont payées, la société conserve l’usage ; en cas de défaut, le fiduciaire réalise ou attribue l’immeuble pour rembourser les banques.

Exemple 2 – Fiducie-sûreté sur créances clients

  • Une société de services met en fiducie un portefeuille de créances clients au profit d’un établissement financier qui lui avance des liquidités.
  • Les encaissements sont fléchés vers le remboursement de l’avance ; une fois la dette éteinte, les créances restantes (ou leur produit) reviennent au constituant.

Exemple 3 – Sécurisation d’un investisseur

  • Un investisseur entre au capital d’une start‑up à condition que certaines actions fondatrices soient placées en fiducie jusqu’à l’atteinte de jalons (chiffre d’affaires, levée suivante).
  • En cas de non‑atteinte, les actions peuvent être attribuées à l’investisseur ou réalisées selon ce qu’a prévu le contrat.

IV. Avantages de la fiducie pour le monde des affaires

1. Protection des actifs et maîtrise du risque

La fiducie permet de mettre certains biens à l’abri des créanciers non parties au contrat de fiducie, y compris en cas de procédure collective ouverte à l’encontre du constituant.

Pour une entreprise en difficulté, l’apport de certains actifs en fiducie‑sûreté au profit des créanciers stratégiques peut :

  • favoriser l’acceptation d’un plan de continuation,
  • rassurer les prêteurs quant au niveau de couverture de leur risque,
  • organiser la cession ou la reprise d’une activité autour d’un noyau d’actifs sécurisés.

Cette protection ne doit toutefois pas servir à organiser l’insolvabilité : une fiducie constituée en fraude des droits des créanciers peut être contestée.​

2. Souplesse contractuelle et ingénierie financière

Le contrat de fiducie offre une souplesse appréciable :

  • large choix des biens transférables (immeubles, droits sociaux, créances présentes ou futures, sûretés, etc.),
  • paramétrage des pouvoirs du fiduciaire (simple conservation, gestion active, pouvoirs de disposition),
  • articulation avec d’autres sûretés (nantissement, hypothèque, cautionnement), facilitant le montage de financements complexes.

Cette flexibilité permet de construire des montages très adaptés aux besoins de l’entreprise : financements structurés, refinancements échelonnés, co‑garanties, etc.

3. Avantages spécifiques par rapport à d’autres sûretés

Pour les créanciers, la fiducie‑sûreté présente plusieurs atouts par rapport à un simple nantissement ou une hypothèque :

  • transfert de propriété (et non simple droit réel accessoire), ce qui renforce leur position en cas de défaillance,
  • possibilité d’attribution des actifs en cas de défaut, sur la base d’une valorisation encadrée, avec versement éventuel d’une soulte au constituant.

Pour le constituant, la séparation patrimoniale offre une lisibilité accrue sur les actifs affectés à un financement et sur ceux qui restent disponibles, ce qui peut également améliorer le dialogue bancaire.

V. Inconvénients et limites de la fiducie pour les entreprises

1. Complexité juridique et technique

La première limite de la fiducie est sa complexité :

  • régime légal spécifique (articles 2011 et s. du Code civil),​
  • nombreuses contraintes de forme (contrat écrit, mentions obligatoires, durée maximale, etc.),
  • articulation avec le droit des procédures collectives, le droit des sûretés et la fiscalité.

Une rédaction imprécise ou lacunaire de l’acte de fiducie peut entraîner des litiges, voire la remise en cause du montage (nullité, requalification, contentieux avec les créanciers « externes », contestations fiscales).

2. Coût d’une fiducie pour une entreprise (Quel est le coût d’une fiducie ? Combien coûte une fiducie familiale ?)

Le coût d’une fiducie dépend notamment :

  • des honoraires du fiduciaire (banque, assureur, société d’investissement), qui peut facturer des frais de mise en place, puis une rémunération annuelle de gestion,
  • des honoraires d’avocat pour la structuration, la négociation et la rédaction du contrat,
  • des coûts d’évaluation des actifs (expertises immobilières, valorisation d’actions, audit de portefeuille de créances),
  • d’éventuels coûts d’enregistrement ou taxes, selon la nature des biens transférés.

Dans le cas d’une fiducie « familiale », s’ajoutent souvent des honoraires de conseil fiscal et patrimonial, ainsi que le suivi dans le temps (adaptations, renouvellements). Le coût doit donc être mis en balance avec l’enjeu (montant financé, protection recherchée, risques évités).

3. Quels sont les inconvénients d’une fiducie et d’une fiducie familiale ?

Les principaux inconvénients d’une fiducie sont :

  • complexité et technicité, avec un risque de mauvaise compréhension par certains acteurs (associés, héritiers, co‑contractants),
  • coût de mise en place et de gestion,
  • risque d’abus de la part du fiduciaire en cas de pouvoirs mal encadrés,
  • risque de contestation par des créanciers, notamment en cas de difficulté avérée de l’entreprise au moment de la mise en place.

Pour une fiducie familiale, s’ajoutent :

  • crispations et contentieux familiaux (sentiment de spoliation, incompréhension du mécanisme),
  • risque de remise en cause en matière successorale ou fiscale (abus de droit, requalification, etc.),​
  • lourdeur de gestion pour des patrimoines parfois trop modestes, rendant le dispositif disproportionné par rapport à l’enjeu.

VI. Contrat de fiducie : structure, clauses et exemples

1. Qu’est-ce qu’un contrat de fiducie ? Qu’est-ce qu’un acte de fiducie ?

Le contrat de fiducie (ou acte de fiducie) est l’acte juridique par lequel la fiducie est constituée. Il doit être écrit et contenir plusieurs mentions obligatoires, à peine de nullité.

Il précise notamment :

  • les biens, droits ou sûretés transférés (présents ou futurs, mais déterminables),
  • la durée du transfert (limitée à 33 ans en droit français),
  • l’identité du constituant, du fiduciaire et du ou des bénéficiaires (ou les modalités de leur désignation),
  • le but déterminé de la fiducie (garantie d’un prêt, gestion d’un portefeuille, etc.),
  • la mission et les pouvoirs du fiduciaire,
  • les conditions de fin de la fiducie (arrivée du terme, réalisation du but, dissolution du fiduciaire, etc.).

L’acte de fiducie peut être conclu par acte sous seing privé ou, dans certains cas, par acte authentique, notamment lorsque des biens immobiliers sont concernés.

2. Quelles sont les clauses obligatoires dans un contrat de fiducie ? (Contrat de fiducie exemple)

Les textes et la pratique imposent un noyau de clauses essentielles :

  • Clause d’identification des biens fiduciaires : description précise des biens ou de la catégorie de biens (ex. : « l’ensemble des créances nées et à naître au titre des contrats X, Y, Z »).
  • Clause de durée : durée chiffrée, ne pouvant excéder 33 ans, et éventuellement conditions de prorogation.
  • Clause de mission du fiduciaire : pouvoirs d’administration, de gestion, de disposition, obligations de reporting, éventuelles limitations.
  • Clause indiquant le but : sécurisation d’un financement, préparation d’une cession, protection d’actifs, etc.
  • Clause de fin de la fiducie : arrivée du terme, réalisation du but, renonciation de tous les bénéficiaires, liquidation judiciaire du fiduciaire, dissolution ou disparition du fiduciaire, etc.

Exemple simplifié de clause (extrait de style)

« Le Constituants transfèrent au Fiduciaire, à titre de fiducie-sûreté, la propriété des biens suivants : [description des biens], ci-après les “Biens Fiduciaires”. Le Fiduciaire les tiendra séparés de son patrimoine propre, dans un patrimoine fiduciaire autonome, conformément aux articles 2011 et suivants du Code civil. Les Biens Fiduciaires ont pour objet de garantir, à hauteur de [montant/description], le paiement de l’ensemble des sommes dues par le Constituants au Bénéficiaire au titre du Contrat de Crédit en date du […]. À défaut de paiement à l’échéance, et après mise en demeure restée infructueuse pendant un délai de [X] jours, le Fiduciaire pourra, selon son choix, procéder à la réalisation amiable des Biens Fiduciaires ou à leur attribution au Bénéficiaire, sur la base d’une valorisation établie par un expert indépendant désigné d’un commun accord, le tout conformément aux dispositions légales en vigueur. »

Cette clause doit bien entendu être adaptée au cas concret, au type de biens et à la configuration des parties.

3. Encadré pratique : points de vigilance à la rédaction

Encadré pédagogique – Checklist pour le dirigeant :

  • Vérifier que les biens transférés sont bien identifiés et évalués.
  • Anticiper les scénarios de défaut : comment les actifs seront‑ils réalisés ou attribués ?
  • Encadrer précisément les pouvoirs du fiduciaire (peut‑il vendre librement ? dans quelles conditions ?).
  • S’assurer que la fiducie n’entre pas en conflit avec d’autres sûretés existantes ou covenants bancaires.
  • Examiner l’impact comptable et fiscal (sur le bilan de votre société notamment).

VII. Focus : la fiducie-sûreté, outil de financement et de restructuration

1. Qu’est-ce qu’un contrat de fiducie-sûreté ?

La fiducie-sûreté est le contrat par lequel un débiteur transfère la propriété de certains biens à un fiduciaire, pour garantir la dette qu’il doit à un ou plusieurs créanciers.

  • Si la dette est payée, les biens sont restitués au constituant (ou à toute personne désignée).
  • Si la dette n’est pas payée, les biens peuvent être attribués au créancier bénéficiaire ou réalisés, le produit servant à rembourser la dette, sous le contrôle d’une valorisation équitable.

Cette mécanique a valu à la fiducie‑sûreté le surnom de « reine des sûretés » dans certaines analyses doctrinales, tant elle offre une sécurité renforcée aux prêteurs.

2. Intérêt et limites de la fiducie-sûreté pour les entreprises

Intérêts :

  • sécuriser un financement bancaire important en rassurant les prêteurs,
  • faciliter la restructuration de dettes en procédures collectives,
  • permettre un refinancement sur des actifs spécifiques (immobiliers, créances, titres).

Limites :

  • risque de perte de contrôle économique sur certains actifs en cas de défaut,
  • nécessité de gérer les relations entre créanciers (rang, partage de garantie, contraintes réglementaires),
  • complexité de coordination avec le droit des procédures collectives (nullités de certaines réalisations en période suspecte, etc.).

VIII. Fiducie et fiduciaire : responsabilités, avantages et inconvénients

1. Quel est le but d’un fiduciaire et quels sont ses inconvénients ?

Le but d’un fiduciaire est de détenir et gérer les biens fiduciaires dans le respect du contrat et de la loi, en agissant dans l’intérêt des bénéficiaires et en préservant l’équilibre entre les parties.

Ses obligations recouvrent :

  • la gestion diligente et prudente des biens,
  • la séparation effective des patrimoines (fiduciaire / propre),
  • la reddition de comptes au constituant et/ou aux bénéficiaires.

Les inconvénients pour le fiduciaire sont :

  • une responsabilité renforcée (contractuelle et parfois professionnelle),
  • des contraintes réglementaires fortes (agréments, contrôle prudentiel pour les établissements financiers),
  • une gestion administrative et comptable spécifique du patrimoine fiduciaire.

2. Un avocat est-il un fiduciaire ? Quel est le but d’une fiduciaire ?

En droit français, la qualité de fiduciaire est réservée à certaines catégories (établissements de crédit, entreprises d’investissement, assureurs, etc.), même si certains régimes particuliers permettent à des professions comme l’avocat d’intervenir, sous des conditions strictes et avec des règles déontologiques spécifiques.

Le but d’une fiduciaire (entendue comme entité fiduciaire, entreprise ou service dédié) est d’assurer de manière professionnelle la gestion des patrimoines fiduciaires, en offrant :

  • une expertise juridique, financière et opérationnelle,
  • une infrastructure de gestion (comptabilité séparée, reporting, conformité),
  • un cadre de confiance pour les parties (constituants et bénéficiaires).

IX. Tableaux de synthèse (avantages / inconvénients / coûts)

Aspect Avantages de la fiducie pour le monde des affaires Inconvénients de la fiducie pour le monde des affaires
Sécurité Protection des actifs fiduciaires contre les créanciers externes, sécurisation des financements et des plans de restructuration. Risque de contestation en cas de fraude aux droits des créanciers ou de montage mal calibré.
Souplesse Contrat très modulable (choix des biens, durée, pouvoirs du fiduciaire, scénarios de défaut). Technicité importante, nécessite un accompagnement juridique et financier pointu.
Coût Coût justifié pour des enjeux élevés (financements significatifs, restructuration, protection d’actifs majeurs). Honoraires du fiduciaire, de l’avocat, experts, coûts administratifs et fiscaux parfois substantiels.
Usage « familial » Organisation fine de la détention et de la transmission d’actifs, protection de certains héritiers. Risque de contentieux entre proches, complexité fiscale, parfois disproportionné pour des patrimoines modestes.

X. FAQ – Fiducie, avantages et inconvénients pour le monde des affaires

1. Quel est l’intérêt de la fiducie ?

L’intérêt principal de la fiducie est de permettre un transfert temporaire de propriété sur des biens dans un patrimoine distinct, dédié à un but précis (garantie, gestion, transmission), tout en offrant une sécurité renforcée aux créanciers ou aux bénéficiaires.

Pour une entreprise, elle sert à sécuriser des financements, organiser des restructurations, protéger certains actifs des aléas financiers, ou structurer la détention de titres dans un cadre contractuel souple.

2. Quels sont les désavantages d’une fiducie familiale ? (Fiducie familiale désavantage)

Les désavantages d’une fiducie familiale tiennent principalement à :

  • la complexité juridique et fiscale des montages,
  • le risque de conflits entre membres de la famille qui ne maîtrisent pas l’outil,
  • la possibilité de contestation par l’administration (abus de droit, requalification),
  • le coût de mise en place et de suivi, parfois excessif au regard de la taille du patrimoine.

Ces inconvénients imposent une analyse très fine de l’opportunité du dispositif pour chaque situation familiale.

3. Quels sont les inconvénients d’une fiducie ?

Les inconvénients d’une fiducie sont :

  • une forte technicité, nécessitant un accompagnement spécialisé,
  • un coût de structuration et de gestion non négligeable,
  • un risque de contentieux en cas de rédaction imprécise ou de mésentente entre parties,
  • un risque de remise en cause en cas de fraude aux droits des créanciers ou d’abus de droit.

4. Quel est le coût d’une fiducie ? Combien coûte une fiducie familiale ?

Le coût d’une fiducie dépend du volume et de la nature des actifs, de la complexité du montage et des professionnels impliqués : fiduciaire (souvent un établissement financier) et conseils (avocats, fiscalistes, experts).

Une fiducie familiale, souvent plus personnalisée et accompagnée en fiscalité patrimoniale, peut générer des coûts supplémentaires de structuration, de mise à jour et de suivi, ce qui impose de vérifier que le jeu en vaut la chandelle au regard du patrimoine concerné.

5. Fiducie exemple : à quoi ressemble un montage concret ?

Un exemple classique est celui d’une fiducie-sûreté sur un immeuble d’entreprise : l’immeuble est transféré dans un patrimoine fiduciaire au profit d’une banque qui finance la société ; la société continue d’exploiter l’immeuble, mais en cas de défaut, le bien est réalisé ou attribué au créancier selon un mécanisme prévu au contrat.

Autre exemple : une fiducie portant sur des créances clients pour sécuriser une ligne de financement court terme, les encaissements étant affectés prioritairement au remboursement de la dette.

6. Fiducie de naissance : de quoi s’agit-il ?

L’expression « fiducie de naissance » n’est pas une catégorie juridique autonome en droit français, mais renvoie à l’idée d’un mécanisme fiduciaire mis en place très tôt (par exemple, dès la création d’une société ou dès l’acquisition d’un actif) pour organiser la détention et la transmission de biens.​

On peut ainsi imaginer la mise en place d’une fiducie dès la « naissance » d’un projet entrepreneurial, pour sécuriser les investissements ou organiser l’entrée future d’associés.

7. Quel est le rôle du fiduciaire ?

Le rôle du fiduciaire est de détenir et gérer les biens fiduciaires dans un patrimoine séparé, en respectant le but déterminé par le contrat et en rendant des comptes aux parties.

Il doit agir avec loyauté, diligence et compétence, sous peine d’engager sa responsabilité, et veiller au strict respect des limites de sa mission (pouvoirs d’administration, de disposition, de réalisation, etc.).

8. Un avocat est-il un fiduciaire ?

En droit français, la loi réserve en principe la fonction de fiduciaire à des catégories déterminées (établissements de crédit, entreprises d’investissement, assureurs, etc.), même si certains montages prévoient l’intervention d’avocats dans des schémas proches ou complémentaires, sous des règles déontologiques strictes.

Il convient donc de vérifier, au cas par cas, le cadre juridique applicable et les possibilités d’intervention de l’avocat (conseil, structuration, mandat, voire certaines fonctions de fiduciaire selon les textes en vigueur).

9. Quels sont les inconvénients d’un fiduciaire ?

Les inconvénients pour un fiduciaire tiennent notamment à :

  • une responsabilité importante, en cas de mauvaise gestion ou de violation du contrat,
  • des obligations réglementaires, comptables et prudentielles parfois lourdes,
  • la nécessité de disposer d’équipes et de systèmes adaptés pour gérer plusieurs patrimoines distincts.

Ces contraintes expliquent que la fonction de fiduciaire soit, en pratique, réservée à des acteurs spécialisés.

10. Quel est le but d’une fiducie ?

Le but d’une fiducie est de dédier certains actifs à un objectif déterminé (garantir une dette, gérer un patrimoine, organiser une transmission, structurer une opération financière), en les isolant dans un patrimoine séparé, géré par un fiduciaire.

Cette affectation permet une meilleure sécurité pour les bénéficiaires et une meilleure lisibilité pour toutes les parties prenantes (créanciers, investisseurs, associés).

11. Qu’est-ce qu’un acte de fiducie ?

Un acte de fiducie est le document contractuel qui institue la fiducie et en fixe tous les paramètres : biens, durée, parties, but, pouvoirs du fiduciaire, modalités de fin, etc.

Il s’agit d’un acte hautement structurant, dont la rédaction conditionne la validité du montage et la portée des garanties offertes.

12. Qu’est-ce qu’un contrat de fiducie-sûreté ?

Le contrat de fiducie-sûreté est le contrat par lequel un débiteur transfère, à titre de garantie, la propriété de certains biens au fiduciaire pour assurer le paiement d’une dette, avec mécanisme de restitution en cas de paiement ou d’attribution/réalisation en cas de défaut.

Il est très utilisé dans les financements d’entreprises, notamment lorsque les créanciers souhaitent une sûreté forte et adaptable.

13. Fiducie : définition et synonyme en pratique

Comme rappelé plus haut, la fiducie est l’opération de transfert de biens dans un patrimoine séparé, géré par un fiduciaire pour un but déterminé.

En pratique, les termes « propriété fiduciaire », « propriété-sûreté » ou, par analogie comparative, « trust » (dans les systèmes de common law) sont parfois employés, tout en gardant à l’esprit que le régime français est spécifique.

XI. Un dispositif réglementé : l’importance de se faire accompagner

La fiducie est un dispositif réglementé, au croisement du droit civil, du droit des sûretés, du droit bancaire et du droit fiscal. La moindre imprécision peut avoir des conséquences importantes : invalidation du montage, perte de protection, requalification, contestations judiciaires ou fiscales.

Avant de mettre en place une fiducie‑sûreté, une fiducie‑gestion ou un montage assimilé (y compris à vocation « familiale »), il est fortement recommandé de vous faire accompagner par un avocat rompu à ces mécanismes, afin d’anticiper l’ensemble des considérations juridiques, économiques, comptables et fiscales propres à votre situation de dirigeant.

Article rédigé par Guillaume Leclerc, avocat endroit des affaires à Paris, 34 Avenue des Champs-Elysées.