Opposition à injonction de payer irrecevable : délais, motifs, caducité, erreurs de forme, risques pour votre PME et solutions pour sécuriser votre défense devant le tribunal de commerce.

L’injonction de payer est une procédure de recouvrement de créances simple et peu coûteuse qui permet à un créancier (fournisseur, bailleur, établissement financier, etc.) d’obtenir une ordonnance de paiement sur la base d’un dossier unilatéral, sans débat contradictoire initial.
Le juge rend alors une ordonnance d’injonction de payer si la créance paraît fondée au vu des seules pièces du créancier, sans que le débiteur ne soit entendu à ce stade, ce qui explique l’effet de surprise pour de nombreux dirigeants.
Exemple concret : votre PME conteste une facture d’un prestataire pour une mission que vous jugez incomplète. Sans nouvelle de sa part pendant plusieurs mois, vous découvrez qu’il a saisi le tribunal de commerce par requête en injonction de payer. Vous n’êtes informé de cette démarche qu’une fois l’ordonnance rendue, par la signification de cette ordonnance par un commissaire de justice.
L’opposition à injonction de payer est l’acte par lequel le débiteur manifeste son désaccord et demande à ce que l’affaire soit jugée de façon contradictoire, à l’audience, devant la juridiction qui a rendu l’ordonnance (tribunal de commerce pour les créances commerciales).
Concrètement, l’opposition permet de réintroduire le contradictoire et de geler l’exécution forcée de l’ordonnance tant que le tribunal n’a pas statué sur le fond du litige, sous réserve de certaines mesures conservatoires.
Pour les litiges commerciaux, l’ordonnance d’injonction de payer est rendue par le tribunal de commerce, et c’est également devant ce tribunal que l’opposition injonction de payer tribunal de commerce doit être formée. Vous devez respecter un formalisme précis et des délais impératifs.
Le débiteur doit saisir le greffe du tribunal de commerce via un formulaire ou des écritures, en mentionnant l’ordonnance contestée, les motifs de l’opposition et les pièces produites, sous peine d’irrégularité ou d’irrecevabilité.
Une opposition à injonction de payer irrecevable signifie que le tribunal considère que votre opposition ne remplit pas les conditions de forme ou de délai pour être examinée, et refuse donc d’entrer dans la discussion sur le fond du litige.
À l’inverse, un rejet au fond suppose que votre opposition est recevable, mais que le tribunal estime, après débat contradictoire, que la créance est justifiée et que vos moyens de contestation ne sont pas fondés.
Lorsque l’opposition injonction de payer est irrecevable, l’ordonnance d’injonction de payer conserve sa pleine force de titre exécutoire : le créancier peut engager ou poursuivre des saisies (saisie-attribution sur compte bancaire, saisie-vente, saisie des loyers, etc.).
Pour une PME, la principale conséquence est un risque de tension de trésorerie immédiate, avec un possible effet domino sur le paiement des salaires, des fournisseurs et des charges sociales.
La caducité opposition injonction de payer vise les situations où une opposition, pourtant formée dans les temps, n’est pas suivie des diligences exigées par la procédure (absence de comparution, absence de conclusions dans un délai imparti). La caducité entraîne la disparition de la procédure d’opposition, comme si elle n’avait jamais été introduite.
C'est le motif le plus fréquent. Le délai d’un mois court en principe à compter de la signification à personne de l’ordonnance par le commissaire de justice, ou, à défaut, à compter de la première signification à personne consécutive à une mesure d’exécution.
L’opposition doit être portée devant la juridiction qui a rendu l'ordonnance. Se tromper de tribunal (ex: Tribunal Judiciaire au lieu de Commerce) peut nourrir des arguments d’irrecevabilité.
Une opposition qui se limite à indiquer « je conteste » sans exposer des motifs clairs (erreur de montant, inexécution, prescription, etc.) peut être considérée comme irrégulière.
Une opposition non signée, ou signée par une personne non habilitée, peut être frappée d’irrégularité. L’absence d’identification complète de la PME (SIREN, siège) complique également le travail du greffe.
On parle de caducité lorsque l’opposition n’est pas suivie des diligences requises :
Dans ces cas, la procédure s’éteint et l’ordonnance de paiement recouvre toute son efficacité.
Un motif opposition injonction de payer recevable doit reposer sur une contestation réelle :
L'architecture classique de conclusions comprend un rappel des faits, une discussion sur la recevabilité de l'opposition, puis une démonstration juridique structurée.
La question de savoir si l'avocat est obligatoire dépend de la juridiction et du montant. Devant le tribunal de commerce, la représentation est fortement recommandée pour éviter les risques d’irrecevabilité pour vice de forme.
L’avocat vous aide à bâtir une stratégie globale : analyse du contrat (clauses de responsabilité, pénalités), examen des échanges précontentieux et préparation de demandes reconventionnelles.
Les modèles gratuits trouvés en ligne sont souvent trop génériques. Pour une PME, un modèle inadapté peut conduire à omettre un moyen décisif (prescription, exception d’inexécution), ce qui expose votre dossier à l'irrecevabilité ou au rejet au fond.
Il est parfois possible d’introduire une opposition en ligne via des téléprocédures. Cependant, la dématérialisation ne modifie ni les délais ni les exigences de fond. L’enjeu n'est pas seulement de déposer à temps, mais de déposer un acte techniquement solide.
Quels sont les principaux motifs d'irrecevabilité ?Le non-respect du délai d'un mois, l'erreur de juridiction, l'absence de motifs précis ou le défaut de signature.
Quels motifs d'opposition sont recevables ?Une contestation sérieuse : inexécution du contrat, erreur de montant, facture déjà réglée, prescription ou compensation.
L’avocat est-il obligatoire ?Recommandé dans la plupart des cas commerciaux pour éviter les erreurs de procédure fatales.
Que se passe-t-il si mon opposition est irrecevable ?L’ordonnance devient définitive. Le créancier peut alors saisir immédiatement vos comptes bancaires ou votre matériel.
Pour sécuriser votre stratégie de défense ou comprendre l'ensemble de la procédure, consultez nos guides détaillés :
Article rédigé par Guillaume Leclerc, avocat en contrats commerciaux et contentieux commerciaux à Paris.