Découvrez pourquoi il est essentiel de faire appel à un avocat pour la vente ou l’achat d’un yacht, de la rédaction du contrat à la mutation de propriété. Analyse des risques, exemples concrets, étapes clés et aspects fiscaux pour protéger votre investissement maritime.

La vente d’un yacht ne s’improvise pas. C’est une opération juridique et financière complexe, à la croisée du droit maritime, du droit des contrats, du droit fiscal et parfois du droit international privé. Les montants en jeu se chiffrent souvent en centaines de milliers ou en millions d’euros. La moindre erreur peut entraîner un litige sur la propriété, une hypothèque non levée ou encore des problèmes de conformité.
Un avocat en droit commercial et maritime assure la sécurité juridique de votre transaction :
Retrouvez mon article plus général sur la vente internationale de bateaux ici.
La vente d’un yacht réunit plusieurs acteurs — vendeur, acheteur, courtier, assureur, société de financement — aux intérêts souvent divergents. L’avocat est le seul professionnel indépendant chargé d’assurer votre sécurité juridique et financière.
Il contrôle notamment :
Contrairement au simple broker, l’avocat rédige et négocie le contrat pour prévenir tout contentieux futur. Un contrat de vente de yacht doit impérativement :
Une clause type peut prévoir que la propriété ne passe qu’après paiement intégral du prix — ce qui évite toute ambiguïté en cas de défaut de paiement ou de problème survenu avant la livraison.
Avant de signer, une vérification approfondie est indispensable : absence d’hypothèque, conformité du certificat d’immatriculation, contrôle technique et environnemental du yacht.
Cette étape permet d’éviter des litiges coûteux après la vente.
L’acte officiel du ministère de la Mer n’est qu’un modèle de base. Pour une transaction importante, un contrat sur mesure est essentiel : garanties, conditions suspensives (essai en mer, financement), clauses fiscales et assurance.
Après signature, la mutation doit être enregistrée auprès de la Délégation à la Mer et au Littoral (DML) dans le mois.
Pièces nécessaires : acte de vente signé, justificatifs, paiement des droits.
L’omission de cette formalité rend la vente inopposable aux tiers.
Pour les ventes transfrontalières, le MOA (MYBA) fixe les éléments essentiels : prix, dépôt, inspections, loi applicable. Un avocat adapte ce document à la situation (pavillon étranger, nationalité des parties, juridiction de financement).
Le Bill of Sale transfère officiellement la propriété à l’acquéreur. Le Protocol of Delivery atteste la livraison physique du navire. Ces documents doivent respecter la législation du pavillon pour éviter tout conflit de lois.
L’avocat veille à la cohérence entre contrat de financement, transfert de propriété et droit du pavillon.
La vente d’un yacht est généralement soumise à la TVA. Des taux réduits ou exonérations existent selon le pavillon, la destination et l’usage du navire (loisirs ou charter commercial).
Un accompagnement conjoint avocat/fiscaliste est crucial pour sécuriser la transaction.
Le vendeur est tenu de garantir les vices cachés (article 1641 du Code civil).
Exemple : infiltration d’eau ou défaut structurel non déclaré. L’acheteur peut agir en justice dans les deux ans suivant la découverte du vice.
Le broker n’est pas responsable des vices cachés, sauf faute prouvée — mauvaise vérification, absence d’information sur une offre, etc. L’avocat du vendeur ou de l’acheteur défendra ses intérêts selon le type de manquement.
Quels documents sont nécessaires ?
Acte de vente ou MOA, certificat d’immatriculation, certificat de radiation d’hypothèque, certificats de conformité et assurance.
Quand a lieu le transfert de propriété ?
En principe à la signature du contrat, sauf clause de réserve de propriété jusqu’au paiement complet.
Peut-on vendre un yacht sous pavillon étranger ?
Oui. Les règles fiscales, douanières et d’immatriculation dépendent du pays. L’avocat choisit le droit applicable le plus approprié.
Que faire en cas de litige ?
Une action en garantie, en responsabilité contractuelle ou en dol peut être engagée. En présence d’un contrat international, la clause juridictionnelle désigne le tribunal compétent.
La vente d’un yacht requiert une maîtrise parfaite du droit maritime, des contrats et de la fiscalité internationale. L’appui d’un avocat spécialisé vous offre la garantie d’une transaction claire, conforme et juridiquement opposable à chaque étape : analyse, rédaction, immatriculation et mutation de propriété.
Article rédigé par Guillaume Leclerc, avocat en droit commercial et maritime à Paris.