11/3/26

Contrat de Développement Logiciel : Guide Complet

Guide complet sur le contrat de développement logiciel : propriété intellectuelle, obligations des parties, confidentialité, RGPD, délais et bonnes pratiques.

Contrat de développement logiciel : guide complet

Introduction

Le contrat de développement logiciel est l'un des documents les plus importants dans l'univers du numérique et de l'informatique. Que vous soyez une entreprise souhaitant faire développer une application, ou un prestataire informatique proposant des services de développement, la signature d'un contrat clair et bien structuré est indispensable pour protéger vos intérêts et garantir la réussite du projet.

En tant qu'avocat d'affaires à Paris, nous avons pu constater que nombre de litiges relatifs aux projets informatiques auraient pu être évités grâce à un contrat de développement logiciel suffisamment détaillé et rigoureux. Ce guide vous présente les éléments essentiels à intégrer dans ce type de contrat, les obligations respectives des parties, et les points sensibles à ne pas négliger.

Définition et importance du contrat de développement logiciel

Qu'est-ce qu'un contrat de développement logiciel ?

Un contrat de développement logiciel est un accord entre un client (commettant) et un prestataire (développeur ou société de développement) aux termes duquel le prestataire s'engage à créer, modifier ou améliorer un logiciel selon des spécifications convenues. Ce contrat fixe les conditions de réalisation du projet, les délais, les coûts, les conditions de paiement, et la répartition des droits de propriété intellectuelle.

Il existe plusieurs formes de contrats de développement logiciel : le contrat d'obligation de résultat (où le prestataire garantit la livraison du logiciel conforme aux spécifications), le contrat d'obligation de moyens (où le prestataire s'engage à mettre en œuvre les moyens adéquats, sans garantie de résultat), ou des formes hybrides combinant ces deux approches.

Pourquoi rédiger un contrat structuré ?

La rédaction d'un contrat de développement logiciel structuré présente plusieurs avantages décisifs :

  • Elle cristallise l'accord entre les parties sur tous les points essentiels avant le démarrage du projet
  • Elle évite les malentendus concernant les spécifications, les délais et les coûts
  • Elle protège chaque partie en cas de litige ou de non-respect des obligations
  • Elle définit clairement la propriété intellectuelle du logiciel créé
  • Elle pose les règles de confidentialité et de sécurité des données
  • Elle encadre les conditions de modification et d'évolution du logiciel
  • Elle établit un mécanisme de résolution des litiges

Sans contrat rigoureux, le client court le risque de se voir livrer un logiciel ne correspondant pas à ses attentes, tandis que le prestataire risque de ne pas être payé ou de voir ses créances contestées. Un contrat bien rédigé protège les intérêts de chacun et crée un cadre de confiance pour la collaboration.

Les éléments essentiels du contrat de développement logiciel

L'identification des parties

Le contrat doit préciser l'identité complète du client et du prestataire. Pour une personne morale (entreprise, association), il faut mentionner la dénomination sociale, la forme juridique, le siège social, le numéro SIREN/SIRET, et éventuellement l'adresse du représentant légal habilité à signer le contrat.

Cette identification est cruciale pour les questions de responsabilité et de capacité contractuelle. Elle permet également de vérifier que la partie qui signe le contrat est bien habilitée à engager la personne morale.

Objet et description des spécifications du projet

L'objet du contrat doit être décrit avec la plus grande précision possible. Il faut détailler :

  • Le type de logiciel à développer (application web, application mobile, logiciel de gestion, etc.)
  • Les fonctionnalités principales et secondaires attendues
  • Les technologies et langages de programmation à utiliser (si cela a de l'importance pour le client)
  • L'environnement technique cible (système d'exploitation, version, navigateurs compatibles, etc.)
  • Les performances et critères de qualité attendus
  • Les normes de sécurité et de conformité légale à respecter (RGPD, accessibilité numérique, etc.)

Les spécifications doivent être annexées au contrat sous la forme d'un cahier des charges détaillé. Ce cahier des charges constitue un élément fondamental du dossier contractuel et servira de référence en cas de litige sur la conformité du logiciel livré.

Durée du contrat et calendrier du projet

Le contrat doit fixer :

  • La date de commencement des travaux
  • La date prévisionnelle de livraison du logiciel
  • Un calendrier détaillé avec les jalons intermédiaires et les livrables partiels
  • La durée de la période de maintenance et de support post-livraison
  • Les modalités de modification du calendrier (demandes de changement, procédure d'accord, impact sur les délais)

Il est recommandé de prévoir une clause de révision des délais permettant d'ajuster le calendrier en cas de circonstances imprévues, mais toujours selon une procédure formelle et documentée.

Rémunération et conditions de paiement

Le montant de la rémunération doit être clairement indiqué, ainsi que :

  • Le montant total en euros (HT et TTC si applicable)
  • Le mode de facturation (forfait global, facturation au temps passé, facturation par jalons)
  • Le calendrier des paiements et les échéances
  • Les modalités de facturation (factures à générer à la livraison de chaque jalon, par exemple)
  • Les conditions de révision des prix (si le contrat s'étend sur une longue période)
  • Les frais supplémentaires pouvant être facturés (hébergement, support technique, modifications après livraison)
  • Les conditions de suspension du contrat en cas de non-paiement

La formule du forfait global offre une meilleure prévisibilité des coûts pour le client, mais elle expose le prestataire à des risques de dépassement. La facturation au temps passé protège mieux le prestataire, mais elle crée une incertitude pour le client. Un système hybride avec un forfait de base et des suppléments pour les modifications peut constituer un bon compromis.

La propriété intellectuelle dans le contrat de développement logiciel

Enjeux de la propriété intellectuelle

La question de la propriété intellectuelle est l'une des plus importantes dans tout contrat de développement logiciel. Le logiciel créé est protégé par le droit d'auteur selon les articles L. 112-1 et suivants du Code de la Propriété Intellectuelle (CPI). Dès sa création, le code source et les éléments de conception du logiciel sont protégés automatiquement, sans formalités d'enregistrement.

En l'absence de stipulations contractuelles explicites, la jurisprudence considère que les droits d'auteur appartiennent à l'auteur du logiciel, c'est-à-dire généralement le prestataire qui a écrit le code. Le client ne disposerait alors que du droit d'utiliser le logiciel livré, sans droit de propriété véritable. Cela peut poser problème au client qui souhaite pouvoir modifier le logiciel, le sous-traiter à un tiers, ou l'exploiter librement.

Pour plus de détails sur la protection du code source, nous vous renvoyons à notre article détaillé : code source et propriété intellectuelle : le guide complet pour protéger vos créations logicielles.

Les modèles de transfert de propriété intellectuelle

Le contrat doit explicitement aborder la question du transfert des droits. Plusieurs modèles existent :

1. Transfert complet au client

Le prestataire cède tous les droits d'auteur et de propriété intellectuelle au client, y compris le droit de modifier le logiciel, de le vendre, de le sous-traiter. C'est le modèle le plus protecteur pour le client, mais le plus restrictif pour le prestataire qui perd tout contrôle sur le code qu'il a créé. Cette solution est appropriée pour des projets de développement sur mesure payants où le client demande une véritable exclusivité.

2. Licence exclusive accordée au client

Le prestataire conserve la propriété du code, mais accorde au client une licence exclusive lui permettant d'utiliser le logiciel sans restrictions. Le client peut utiliser le logiciel, le modifier, mais ne peut pas le revendre ni le céder à un tiers sans accord préalable du prestataire. Ce modèle préserve une partie des droits du prestataire tout en donnant au client un contrôle exclusif sur le logiciel.

3. Licence non-exclusive accordée au client

Le prestataire peut accorder la même licence à d'autres clients. Le logiciel peut être réutilisé sur d'autres projets, ce qui réduit les coûts de développement mais prive le client de l'exclusivité. Ce modèle est adapté aux contrats de développement de logiciels standards ou de modules génériques.

4. Logiciel libre ou open source

Le logiciel est développé sous une licence open source (GPL, MIT, Apache, etc.). Chacun peut librement l'utiliser, le modifier, et le redistribuer, selon les conditions de la licence choisie. Ce modèle implique que le logiciel reste accessible à tous, mais il crée une communauté d'utilisateurs et de contributeurs.

Protection du code source et des composants tiers

Le contrat doit clarifier :

  • Si le client aura accès au code source complet ou seulement à la version compilée du logiciel
  • Les conditions d'accès au code source (en fin de contrat uniquement, ou régulièrement pendant le développement)
  • La gestion des composants tiers (librairies, frameworks) utilisés dans le logiciel
  • Les responsabilités respectives en cas de violation des droits des tiers (par exemple, utilisation illégale d'une librairie propriétaire)

Il est important que le prestataire s'engage à utiliser uniquement des composants tiers licites et à documenter toutes les dépendances externes. Un litige relatif à l'utilisation non-autorisée d'une librairie tierce pourrait créer une responsabilité importante pour le prestataire.

Les obligations respectives des parties

Obligations du prestataire

Le prestataire s'engage à :

  • Livrer le logiciel aux dates convenues et selon les spécifications fixées
  • Respecter les normes de qualité acceptable dans l'industrie du développement logiciel
  • Assurer la confidentialité des informations communiquées par le client (pour plus de détails, consulter notre guide complet sur la clause de confidentialité : guide complet, exemples et modèles)
  • Respecter les délais et informer le client de tout dépassement possible
  • Assurer la sécurité du logiciel en respectant les bonnes pratiques de programmation sécurisée
  • Documenter le code et fournir une documentation utilisateur et technique
  • Assurer le support et la maintenance pendant la période convenue (correction des bugs, mises à jour de sécurité)
  • Déclarer les conflits d'intérêts ou les incompatibilités avec d'autres missions

Obligations du client

Le client s'engage à :

  • Payer la rémunération selon le calendrier convenu
  • Fournir les informations nécessaires à la bonne exécution du contrat (spécifications métier, accès aux systèmes existants, etc.)
  • Nommer un responsable du projet côté client et faciliter la communication
  • Tester le logiciel et signaler les anomalies dans un délai raisonnable
  • Accepter ou refuser chaque livraison partielle selon la procédure prévue
  • Protéger la confidentialité du code source et de la documentation si applicable
  • Respecter les horaires convenus pour les réunions, tests et validation

La maintenance et le support post-livraison

Définition des phases de maintenance

Le contrat doit distinguer plusieurs phases :

Phase de développement : période pendant laquelle le logiciel est développé et affiné avant la livraison officielle. Cette phase inclut généralement un nombre défini de révisions et d'ajustements.

Phase de garantie ou de rectification : période de 3 à 12 mois après la livraison officielle pendant laquelle le prestataire corrige gratuitement les bugs et défauts de conformité détectés. La durée varie selon le secteur d'activité et la taille du logiciel.

Phase de maintenance corrective : après la période de garantie, le prestataire peut proposer des services de maintenance payants pour corriger les bugs découverts. Le client doit payer pour chaque intervention.

Phase de maintenance évolutive : le prestataire aide le client à faire évoluer le logiciel en fonction de nouveaux besoins. Ces services sont généralement facturés à part, soit à titre de forfait annuel, soit selon une facturation à l'heure.

Niveaux de service (SLA)

Pour les logiciels critiques, il est recommandé de définir un Service Level Agreement (SLA) fixant :

  • La disponibilité garantie du logiciel (par exemple, 99,5 % de temps de disponibilité par mois)
  • Les délais de réponse en cas de problème (par exemple, réponse dans les 4 heures pour les incidents critiques)
  • Les objectifs de résolution (par exemple, résolution dans les 24 heures pour les bugs critiques)
  • Les contreparties en cas de non-respect (réduction de prix, crédits de service, etc.)
  • Les conditions d'exclusion de responsabilité (utilisation incorrecte du logiciel, malveillance, etc.)

Un SLA bien structuré crée des attentes claires et permet de mesurer la qualité du service fourni par le prestataire.

La confidentialité et la sécurité des données

Clause de confidentialité

Tout contrat de développement logiciel doit inclure une clause de confidentialité protégeant :

  • Le code source du logiciel
  • L'architecture et la conception du système
  • Les spécifications et les cahiers des charges
  • Les données techniques communiquées par le client
  • Les informations commerciales sensibles

La clause doit :

  • Définir clairement ce qui est considéré comme confidentiel
  • Préciser les durées pendant lesquelles l'obligation de confidentialité s'impose
  • Énumérer les exceptions (informations publiques, obligatoirement divulguées par la loi, etc.)
  • Fixer les sanctions en cas de violation (dommages-intérêts, cessation de l'activité, etc.)

Pour une étude approfondie de ces clauses, reportez-vous à notre article détaillé : la clause de confidentialité : guide complet, exemples et modèles.

Conformité au RGPD et à la protection des données

Si le logiciel à développer traite des données personnelles (ce qui est souvent le cas), le contrat doit adresser la conformité au Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) et à la Loi Informatique et Libertés.

Le contrat doit préciser :

  • Si le prestataire agit en tant que responsable de traitement (décide des finalités et des moyens du traitement) ou sous-traitant (exécute le traitement sur instruction du client)
  • Les mesures de sécurité à mettre en place pour protéger les données personnelles
  • Les obligations d'audit et de conformité
  • Les procédures en cas de fuite de données ou de violation de la sécurité
  • Les règles de transfert de données hors Union Européenne (si applicable)

En tant que sous-traitant, le prestataire doit signer un contrat de traitement des données (ou avenant au contrat principal) spécifiant les mesures de sécurité et de conformité au RGPD.

Les mécanismes de résolution des différends

Procédure en cas de non-conformité

Le contrat doit prévoir une procédure claire en cas de litige sur la conformité du logiciel :

  • Le client dispose d'un délai défini (généralement 30 à 60 jours) pour tester le logiciel et signaler les défauts
  • Le client fournit un rapport détaillé décrivant les anomalies et les écarts aux spécifications
  • Le prestataire s'engage à corriger les défauts dans un délai fixé
  • Une nouvelle phase de test et de validation est effectuée
  • En cas de désaccord sur la conformité, les parties conviennent d'une procédure d'arbitrage ou d'expertise

Clause de règlement des litiges

Le contrat doit prévoir :

  • Une tentative de règlement amiable : négociation entre les responsables des deux parties sur une période limitée (par exemple 30 jours)
  • Un éventuel recours à la médiation si le règlement amiable échoue
  • Une clause compromissoire (clause d'arbitrage) ou une clause de compétence territoriale des tribunaux
  • La loi applicable au contrat (généralement la loi française pour les contrats de développement logiciel en France)

L'arbitrage offre une alternative plus rapide et plus confidentielle que les procédures judiciaires traditionnelles, ce qui peut être intéressant pour les parties souhaitant éviter une publicité judiciaire.

Cas particuliers et clauses supplémentaires

Clause de non-concurrence

Si le logiciel est hautement stratégique, le client peut exiger une clause de non-concurrence interdisant au prestataire :

  • De développer un logiciel similaire pour les concurrents du client pendant une période définie
  • De divulguer les spécifications du logiciel à des tiers
  • De réutiliser le code développé pour le client dans d'autres projets

Cette clause doit être précise, raisonnablement limitée dans le temps et l'espace, et justifiée par un intérêt commercial légitime. Pour plus de détails, consultez notre guide complet : la clause de non-concurrence : étude complète.

Clause de modification et de maintenance des demandes de changement

En cours de développement, le client peut souhaiter modifier les spécifications. Le contrat doit prévoir :

  • Une procédure formelle de demande de changement avec documentation
  • Une évaluation par le prestataire de l'impact sur les délais et les coûts
  • Un accord écrit du client avant la mise en œuvre du changement
  • Un ajustement du calendrier et de la rémunération si le changement a un impact significatif
  • Un nombre maximal de changements inclus dans le forfait (les changements supplémentaires étant facturés)

Limitation de responsabilité

Le prestataire cherchera généralement à limiter sa responsabilité. Le contrat peut prévoir :

  • Une exclusion de responsabilité pour les dommages indirects ou consécutifs (pertes de profits, pertes de données, etc.)
  • Un plafond de responsabilité égal au montant total de la rémunération ou à une fraction de celui-ci
  • Une exclusion de responsabilité en cas de force majeure ou de circonstances indépendantes de la volonté du prestataire
  • Un délai de prescription court pour les réclamations relatives au logiciel livré

Cependant, une limitation de responsabilité excessivement large peut être contestée en justice ou considérée comme une clause abusive. Une limitation raisonnable est généralement acceptable.

Clause de résiliation

Le contrat doit prévoir :

  • Les motifs de résiliation (inexécution grave, violation des obligations principales, force majeure)
  • La procédure : mise en demeure, délai de remédiation, notification formelle de la résiliation
  • Les conséquences de la résiliation : remboursement partiel des montants payés, transfert du code source, arrêt des services de support
  • Les obligations résiduelle après résiliation (confidentialité, restitution des documents, etc.)
  • La possibilité d'une résiliation pour convenance mutuelle avec un préavis raisonnable

Tableau synthétique des clauses essentielles

ClauseDescriptionNiveau d'importance
Identification des partiesNom, adresse, statut juridique du client et du prestataireCritique
Objet et spécificationsDescription détaillée du logiciel à développer et des fonctionnalités attenduesCritique
Prix et paiementMontant total, calendrier de paiement, modalités de facturationCritique
Propriété intellectuelleTransfert ou concession de droits sur le code source et le logicielCritique
ConfidentialitéProtection des données sensibles, code source, spécificationsHaute
Délais et jalonsCalendrier du projet, livrables intermédiaires, date de livraison finaleCritique
Maintenance et supportDurée de la garantie, obligations de correction, services payantsHaute
RGPD et sécuritéConformité légale, mesures de sécurité, protection des donnéesHaute
Résolution des litigesProcédure en cas de non-conformité, arbitrage, loi applicableHaute
RésiliationMotifs, procédure, conséquences de la résiliation du contratHaute

Bonnes pratiques pour la négociation du contrat

Du côté du client

Si vous êtes le client, assurez-vous de :

  • Définir clairement les spécifications avant de signer le contrat. Investir du temps dans un cahier des charges détaillé évite les malentendus ultérieurs.
  • Négocier un transfert de propriété intellectuelle ou une licence exclusive si le logiciel est stratégique pour votre activité.
  • Inclure une clause de test et de validation vous permettant de vérifier la conformité avant acceptation définitive.
  • Mettre en place des jalons de paiement liés aux livrables. Ne payez pas la totalité d'avance.
  • Exiger une documentation complète : documentation utilisateur, documentation technique, code commenté.
  • Prévoir des dispositions de sortie : accès au code source, droits d'utilisation, services de support en cas de défaillance du prestataire.
  • Définir les conditions de support et de maintenance après la livraison.

Du côté du prestataire

Si vous êtes le prestataire, assurez-vous de :

  • Obtenir une description précise des spécifications. Demander au client de signer le cahier des charges avant de commencer les travaux.
  • Fixer une rémunération appropriée en fonction de la complexité du projet et des risques estimés. Ne pas sous-estimer le temps nécessaire.
  • Mettre en place un processus de gestion des changements pour éviter les dépassements de délai non rémunérés.
  • Conserver la propriété du code source ou au minimum une licence d'exploitation sur les composants réutilisables.
  • Limiter la responsabilité de manière raisonnable, notamment en excluant les dommages indirects.
  • Prévoir un délai de prescription court pour les réclamations relatives à la conformité.
  • Documenter tous les changements demandés par le client et l'impact sur le calendrier et les coûts.
  • Assurer les tests internes du logiciel avant livraison pour minimiser les défauts.

Notre cabinet vous accompagne

La rédaction et la négociation d'un contrat de développement logiciel exigent une expertise juridique fine et une bonne compréhension des enjeux techniques et commerciaux du projet. Nos avocats à Paris, spécialisés en droit des affaires et droit de l'informatique, vous accompagnent à toutes les étapes :

  • Rédaction d'un contrat adapté à votre situation (client ou prestataire)
  • Négociation des termes du contrat
  • Gestion des litiges survenant en cours d'exécution du contrat
  • Mise en conformité avec la réglementation applicable (RGPD, accessibilité numérique, etc.)
  • Conseils sur les questions de propriété intellectuelle et de droits d'auteur

N'hésitez pas à nous contacter pour une première consultation. Nous examinons votre situation, identifions les risques juridiques potentiels, et vous proposons une stratégie adaptée à vos objectifs.

Questions fréquemment posées (FAQ)

Qui est propriétaire du code source si aucun contrat n'a été signé ?

En l'absence de contrat explicite, la propriété du code source appartient au développeur (l'auteur du logiciel) en vertu des règles du droit d'auteur. Le client ne dispose que d'un droit d'usage limité du logiciel livré, sans droit de modification ou de redistribution. C'est pourquoi il est crucial de signer un contrat clair spécifiant le transfert de propriété intellectuelle ou les modalités de licence accordée au client.

Peut-on rompre un contrat de développement logiciel avant la fin ?

Un contrat peut être rompu en cas d'inexécution grave par l'une des parties, après mise en demeure et un délai de remédiation. Le contrat peut aussi prévoir une clause de résiliation pour convenance mutuelle moyennant un préavis raisonnable. En revanche, une résiliation unilatérale sans motif sérieux peut engager la responsabilité de la partie qui rompt et conduire au paiement de dommages-intérêts à l'autre partie.

Que faire si le logiciel livré ne conforme pas aux spécifications ?

Le client doit d'abord documenter précisément les défauts et les signaler au prestataire dans le délai contractuel (généralement 30 à 60 jours après livraison). Le prestataire a l'obligation de corriger les défauts, sauf si le client a accepté le logiciel malgré les défauts. Si le prestataire refuse de corriger, le client peut refuser de payer, demander une réduction de prix, ou engager une action en justice pour obtenir des dommages-intérêts ou la résiliation du contrat.

Le prestataire doit-il corriger les bugs après la livraison ?

Pendant la période de garantie (généralement 3 à 12 mois après livraison), le prestataire corrige gratuitement les bugs et les défauts de conformité. Après cette période, les corrections sont généralement payantes, sauf s'il s'agit de bugs critiques menaçant la sécurité ou la disponibilité du logiciel. Le contrat doit préciser clairement cette distinction.

Comment évaluer la rémunération d'un contrat de développement logiciel ?

La rémunération dépend de plusieurs facteurs : la complexité technique du projet, le nombre de fonctionnalités, la charge de travail estimée, les délais imposés, le taux horaire pratiqué par le prestataire dans son domaine, et le niveau de risque assumé par le prestataire. Un forfait global offre plus de prévisibilité au client, mais expose le prestataire au risque de dépassement. Une facturation au temps passé protège mieux le prestataire, mais crée une incertitude pour le client. Un système hybride avec forfait de base et suppléments pour les changements peut être optimal.

Faut-il exiger l'accès au code source du logiciel développé ?

Cela dépend de l'importance stratégique du logiciel pour votre activité. Si le logiciel est critique pour votre métier, il est recommandé de négocier un accès au code source, au moins en cas de cessation d'activité du prestataire ou de non-respect de ses obligations de maintenance. Un contrat de séquestre du code source peut être mis en place, permettant à un tiers neutre de conserver le code en cas de problème.

Quelles sont les obligations du prestataire en matière de sécurité informatique ?

Le prestataire doit utiliser les bonnes pratiques de programmation sécurisée pour minimiser les vulnérabilités du logiciel. Cela comprend : la validation des entrées utilisateur, l'utilisation de fonctions sécurisées, la gestion sécurisée des mots de passe, le chiffrement des données sensibles, et les mises à jour régulières des dépendances tiers. Le contrat peut prévoir une clause de responsabilité en cas de faille de sécurité exploitée après livraison. Après la livraison, le prestataire s'engage généralement à fournir les mises à jour de sécurité critiques pendant la période de support.

Le RGPD s'applique-t-il aux contrats de développement logiciel ?

Oui, si le logiciel développé traite des données personnelles (ce qui est souvent le cas). Le contrat doit alors inclure des dispositions spécifiques sur la conformité au Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) et à la Loi Informatique et Libertés. Le contrat doit clarifier si le prestataire agit en tant que responsable de traitement ou sous-traitant, et préciser les mesures de sécurité mises en place pour protéger les données personnelles.

Conclusion

Un contrat de développement logiciel bien rédigé est un investissement qui évite les litiges coûteux et crée un cadre de confiance pour la collaboration entre le client et le prestataire. Les points clés à ne pas négliger sont : une description précise des spécifications, une répartition claire de la propriété intellectuelle, un calendrier réaliste avec des jalons bien définis, une rémunération juste et un mécanisme robuste de gestion des changements.

Que vous soyez client ou prestataire, la négociation d'un contrat de développement logiciel solide est un élément crucial de la gestion du projet informatique. N'hésitez pas à faire appel à un avocat spécialisé en droit de l'informatique pour sécuriser votre projet et protéger vos intérêts.

Vous pouvez aussi consulter d'autres guides connexes pour approfondir votre compréhension :

Article rédigé par Guillaume Leclerc, avocat d'affaires à Paris, 34 Avenue des Champs-Élysées.